« Laetitia… elle aime ça et elle le prouve » – Interview (1999) de la reine du porno amateur

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Laetitia, elle aime ça et le prouve

INTERVIEW – LE TEMPS – 30 JANVIER 1999

Secrétaire paramédicale passée à la réalisation de films X, cette mère de famille normande domine aujourd’hui le marché du porno français.

Réalisatrice de films X amateurs depuis 1991, Laetitia a été actrice porno à ses heures perdues avant de passer derrière la caméra. Cette ancienne secrétaire paramédicale, mère d’un enfant, a mis en scène pas moins de 300 films, gagné des dizaines de Hot d’or, l’équivalent des Oscars dans le monde du cinéma porno. Actuellement, elle est en train de filmer un nouvel épisode de «L’école de Laetitia», une série lancée en 1994. Plus que de simples tournages, il s’agit de séminaires filmés qui se déroulent sur plusieurs jours. Dans un décor de salle de classe, hommes et femmes remontent le temps et ravivent d’anciens fantasmes. Et la réalisatrice de préciser: «Quelle femme n’a pas rêvé de coucher une fois avec son professeur?» Interview entre deux cours.

– Est-ce difficile de devenir réalisatrice de films X?

– Le début de ma carrière a été difficile. Je suis entrée dans un milieu exclusivement masculin. Il a fallu changer les mentalités. J’ai dû encaisser des critiques souvent très violentes. Je gênais parce que j’étais la seule femme. Il manquait un regard de femme, plus doux, plus subtil. Un regard double aussi. Quand je tourne, je suis homme et femme à la fois. Je pense comme un homme, mais je filme avec les yeux d’une femme. Mon regard est plus rassurant. Les couples s’exhibent plus facilement devant une femme. Je suis un piment, jamais une rivale.

– Pensez-vous que votre rapport à la pornographie soit différent de celui d’un réalisateur?

– Oui. Je mets en avant beaucoup plus la femme. Je mets sa jouissance en valeur. Je montre rarement des visages d’hommes. Je filme la femme qui me parle, qui me regarde, qui à travers moi s’adresse à tous les voyeurs.

– A qui destinez-vous vos films? A un public d’hommes, de femmes?

– Je m’adresse au couple principalement. Une clé de ma réussite, c’est de montrer des femmes jolies, mais naturelles. J’ai rendu les filles accessibles. Le public féminin, minoritaire dans le cinéma X, aime voir des acteurs ou actrices qui soient très proches d’eux. Il faut qu’il puisse y avoir identification. Le cinéma amateur, tel que je le fais, doit beaucoup aux acteurs qui sont dans le film, ce sont eux qui amènent l’authenticité. Il n’y a pas de mise en scène.

– Comment faites-vous pour mettre les gens à l’aise?

– Je n’ai pas de recette. Je transmets une joie de vivre, une passion du sexe. Les gens sentent que je ne triche pas. Je parle de sexualité comme un bon cuisinier parle de ses petits plats, cela donne envie de se mettre à table.

– Y a-t-il des choses que vous ne filmeriez pas?

– J’ai des tabous: le sado-maso, l’urophilie, les grosses partouzes. Je ne filme que ce que j’aime. Je filme la sodomie, j’adore ça. Je l’enseigne à qui veut bien l’apprendre.

– C’est pourtant une pratique qui a longtemps été considérée comme dégradante pour une femme…

– C’est du passé. Je crois avoir été de celles qui ont contribué à vulgariser cette pratique, à la faire apprécier par les femmes. Il y a manière et manière de le faire. Je ne veux pas trop détailler. Disons que le tabou est lié à l’hygiène avant tout.

– Vous filmez exclusivement des acteurs amateurs. Ce choix est-il financier ou artistique?

– Avant d’être réalisatrice, j’ai été femme au foyer, mariée. J’ai essayé de jouer dans des films X professionnels. Cela ne m’a pas plu du tout. Je ne supporte pas l’idée d’être dirigée, de devoir faire l’amour avec un tel. Mes films montrent avant tout des vrais couples, qui font ce qu’ils veulent, comme ils veulent. Les filles qui veulent s’éclater avec d’autres garçons choisissent leur partenaire. En plus, elles sont payées, au contraire des hommes.

– Laetitia est aujourd’hui plus qu’une marque, c’est devenu un empire. Avec sa revue, son site. Contrôlez-vous le tout?

– J’ai aussi une boîte de nuit, un club échangiste près de Montpellier. Je gère l’ensemble avec mon associé, qui est aussi mon compagnon. Avant notre rencontre, il était lui-même réalisateur de films X. Depuis que je suis passé derrière la caméra, l’affaire a bien progressé.

– Considérez-vous que le cinéma X a une valeur éducative?

– Je pense que l’aide est avant tout psychologique. Donner l’envie de faire l’amour, c’est primordial. Actuellement, les gens ont envie de s’exhiber, de réaliser leurs fantasmes. Mes films leur en donnent la possibilité. A cet égard, ils sont bénéfiques.

– Comment définiriez-vous un bon film pornographique?

– Il faut y trouver de tout. De belles filles et de moins jolies. Il faut bien refléter l’image de la France profonde. Chacun devrait idéalement pouvoir s’y retrouver.

– La pornographie est à la mode. Le thème passionne de nombreux créateurs et intellectuels. Qu’en pensez-vous?

– Beaucoup de ces gens se font mousser ou s’y intéressent pour vendre du papier. Ce n’est pas toujours bon pour la profession. Une part des médias et du commerce a enfin pris conscience du potentiel économique du cinéma X. Cela représente près de la moitié des ventes dans les vidéo-clubs. Je vends 60 000 cassettes par année.

– Comment voyez-vous votre futur de réalisatrice X?

– Je ne suis pas une réalisatrice de films X. J’ai choisi de faire du cinéma porno. J’ai fait 300 films dans ma carrière, je suis certaine que je peux mettre en scène autre chose que la pornographie. J’aimerais réaliser des documentaires sur la nature, des portraits humains. D’ailleurs, j’ai un projet qui devrait se réaliser prochainement, celui d’une série de films sur les consommateurs de films X. J’ai envie de sillonner la France et d’aller à la rencontre des gens. Je veux leur demander ce qu’ils aiment dans le sexe, ce qui leur fait peur. Et si au fil des rencontres, certains veulent en faire plus – lever leur jupe ou faire l’amour – je le filmerai. Vous savez, je n’ai pas honte de ce que je fais. Je suis dans le X, parce que j’aime le cul.

De:
Date: septembre 30, 2019
Actors: Laetitia

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