« Porn business – V.com fait une croix sur ses égéries » – Interconnexion – 09/2007

0 vues

Retour en 2007 dans un sublime interview du dirigeant de la production V.com, pour le magazine InterConnexion, qui nous décrypte la situation du X de l’époque… qui 13 ans plus tard semblent tellement d’actualité !!!

C’est le coup de tonnerre de la rentrée : V.com qui, depuis deux ans, multipliait les actrices françaises en exclusivité, a brusquement congédié ses quatre égérie. Venant d’un label qui pendant longtemps, citait Vivid et ses girls comme modèle de référence tout en tutoyant les sommets de la production française, la nouvelle ne pouvait que stupéfier, et susciter les rumeurs les plus improbables. Alors, fin de partie ou nouvelle stratégie pour la firme sedanaise ? Plutôt que de gloser à l’infini, Connexion a préféré poser la question aux principaux intéressés : Max Noizet, le boss de V.com qui assure que les voyants de sa boite sont au vert, et ses ex-égéries beaucoup moins dissertes, qui rient manifestement jaune, à défaut de voir rouge.

« V.Communications annonce officiellement qu’à compter du mois de septembre, la société met fin aux contrats d’exclusivité liant les actrices Héléna Karel, Carla Nova, Oksana et Stella Delcroix avec notre société de production « . C’est le message que l’on peut lire actuellement sur le site de V.com. Qu’est-ce que ça signifie exactement ? Ces quatre actrices sont mises à la porte ?

Non, c’est un peu plus subtil que ça. Deux types de contrats liaient ces actrices à V.com. Un contrat de travail, comme pour n’importe quel salarié et un contrat d’exclusi-vité les engageant, contre une rétribution supplémentaire, à ne tourner que pour notre studio. C’est le second contrat auquel il a été mis un terme. Elles ne sont plus les égéries de V.com.

Pour un studio qui plus que tout autre a fondé sa notoriété sur ce principe d’exclusivités, c’est un changement pour le moins brutal. C’est une décision que tu murissais depuis longtemps ?

Cela faisait quelques mois que c’était dans l’air et on a pris franchement la décision cet été.

Et qu’est-ce qui l’a déterminé ? Tu dois savoir que depuis que l’annonce a été faiten on entend à peu près tout et n’importe quoi sur ton studio. Les résultats économiques ne seraient pas à la hauteur, V.com aurait voulu se faire aussi grosse que le boeuf et menacerait d’éclater etc…

Je sais, je sais (rires…). Mais même si je ne raffole pas des fables de La Fontaine, je peux te dire que lagrenouille V.com se porte plutôt bien. Nos comptes d’exploitation peuvent en témoigner. Non, si nous avons pris cette décision, c’est pour des raisons managériales : que ce soit avec une, deux, trois, ou quatre égéries, nous ne sommes pas parvenus aux objectifs que nous nous étions fixés en terme d’image.

C’est à dire ?

C’est simple est-ce que tu as déjà vu ne serait-ce qu’une photo réunissant les quatre V.com girls ?

Maintenant que j’y réfléchis, je dirais que non…

Et bien tu as raison : nous ne sommes jamais parvenu à réunir ensemble nos quatre actrices sous exclusivité, fut-ce pour une simple photo, alors pour un film, n’en parlons même pas…

C’est claire qu’on est loin de ce qui se passe chez l’américain Vivid où toutes les actrices semblent aller dans la même direction. Avec le recul, qu’est-ce qui, selon toi, a loupé dans la démarche à V.com ?

Sur ce point précis : un esprit d’entreprise. Nous aurions aimé que les quatre filles aient le sens du collectif, qu’elles travaillent plus en équipe, qu’elles s’impliquent davantage dans les autres branches de l’entreprise et non qu’elles la jouent perso. Mais nous avons sûrement aussi notre part de responsabilité : nousn’avons manifestement pas su insuffler cet esprit.

Les autres branches de l’entreprise, c’est quoi concrètement ?

Je pense aux salons et surtout à la visio par Internet. C’est hyper important pour V.com. Or, sur les trois derniers mois, si mes calculs sont exacts, à elles quatre, Oksana, Stella, Carla et Helena ne sont apparues au total que 17 h. Ce qui fait en moyenne une heure par mois et par fille. Pour des égéries censées représenter la société, c’est à mon sens, largement insuffisant !

Mais est-ce finalement qu’on ne touche pas là à une contradiction entre le statur de star du X et des activités, disons moins nobres, comme la visio ?

Peut être. Mais quoi qu’il en soit, je pense que la visio sur Intenet, c’est l’avenir. Aujourd’hui, il ne faut pas se leurrer : produire un film de qualité, ça coûte très cher et ça rapporte peu. Les gens peuvent le pirater facilement ou se procurer de la pornographie gratuitement simplement en piano sur Google. Alors qu’un show en visio, c’est du direct personnalisé, un vrai lien entre l’actrice et son public. Un produit exclusif qui par son princi¬pe ne peut être piraté ou volé. C’est à mon avis l’une des solutions majeures pour les boîtes de prods.

Oui mais pour les actrices ?

Là encore, il ne faut pas se raconter d’histoires : le temps des méga stars du X, des Tabatha Cash ou des Laure Sinclaire est tout de même derrière nous. Aujourd’hui, qui montre ses seins à la télé ? La gagnante du dernier jeu de téléréalité à la mode. Les actrices de X intéressent moins, paraissent moins exceptionnelles, ce qui est normal vu que la société est dans son ensemble plus pornographique. Il est donc important qu’elles s’ouvrent à d’autres activités et comprennent que les films ne seront peut être bientôt plus qu’un produit d’appel, une vitrine, pour les activités internet.

En gros, si je comprends bien, c’est la fin des stars du X…

Par rapport à ce qu’on a connu en France, sûrement. Ce qui n’est pas catastrophique en soit, c’est juste une mutation du secteur. Il reste de la place pour toutes les actrices.

Justement, d’après ce que tu m’as dit, les quatre ex-Vcom girl, si elles ne sont plus sous exclus, sont toujours en contrat de travail avec ton studio. Comment envisages-tu la suite de cette collaboration ? Ca va être compliqué, non ?

Pas Forcément. Même si nous nous attendons à des ruptures complètes avec certaines filles, avec éventuellement, des suites au niveau prud’homal. Mais nous avons toujours voulu faire être scrupuleux vis à vis du droit du travail. Il est donc normal d’en passer par là. Ce n’est pas un souci majeur.

Et si elles signent des contrats d’exclusivité ailleurs ?

C’est tout le mal que je leur sou¬haite. Mais franchement, vu l’état du marché, je serais surpris que pour toutes les quatre, cette issue se joue en France.

Thomas LORASCHI

Côté actrices… motus et bouches cousues !

Sans vouloir mettre de l’huile sur le feu, ce ne sont pas les questions à leu poser qui manquaient. Sur ce qu’elles pensaient de cette annonce surprise, mais aussi du porn business en France et naturellement des suites qu’elles envisageaient de donner à leur carrière. Mais voilà, comme c’est aujourd’hui le cas à peu près partout, en cas de crise, même minime, on verrouille la communication ou à tout du moins, on l’emballe d’une systématique langue de bois.

Donc aucun commentaire public de la part d’Helena Karel, Carla Nova, Stella Delcroix et Oksana (qui devrait finir par en parler sur son blog : oksana-blog.con). Bien sûr, on pourra toujours arguer que les actrices ont leurs raisons de choisir cette extrême prudence langagière. Il se murmure d’ailleurs que pour certaines d’entre elles, le fil diplomatique avec la maison mère ne serait pas tout à fait rompu et que l’on pourrait voire leur collaboration renaître sous d’autres formes.

Cela dit, alors qu’on réclame sans cesse aux actrices de la spontanéité lors de leurs ébats filmés, un peu de franchise hors plateau n’aurait pas franchement dépareillé.

De:
Date: mai 24, 2020

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
25 − 16 =