Stratégie marketing d’une production des années 90 – 07/1993 – Hot Vidéo n°45

LES CONNAISSEURS : SAVOIR ETUDIER LE MARCHE DU X AVEC RIGUEUR

Chez Behind-The-Scenes.fr nous vous faisons découvrir les trésors de notre collection… de notre musée du X.. de notre bibliothèque porno !!! Voici la transcription d’une interview sur l’industrie du X publié en Juillet 1993 dans le Hot Vidéo n°45.

Interview de Diane Reynolds, directrice de la production de films « Les Connaisseurs ».

Diane Reynolds croit aux vertus du marketing. C’est après s’être livrée à une étude très poussée du marché du X qu’elle a créé « Les connaisseurs ». Pour elle, le secteur est prometteur à condition d’y faire preuve d’originalité et de sérieux. Deux vertus qui ont permis à sa société de s’installer sur le marché et qu’elle cultive toujours aujourd’hui. Diane Reynolds nous explique comment. Paroles de connaisseuse…

De quelle manière avez-vous envie de créer un label de films X ?

Je travaillais en tant que distributeur de droits pour la télévision et le cinéma en 1989, avec mes associés, nous nous sommes intéressés à la vidéo. Il s’agissait d’un marché intéressant qui était encore sain à l’époque et vraisemblablement porteur. J’ai une formation de marketing et j’ai alors réalisé une étude de marché en rencontrant plus spécialement des grossistes. Tous m’ont dit qu’il fallait mieux commencer par le X… que ce serait sans doute plus facile. Cette unanimité m’a convaincue. De tout façon, je n’avais pas beaucoup le choix dans la mesure où il m’était impossible d’acheter les droits vidéo de « Rambo » et rivaliser ainsi directement avec de gros éditeurs déjà en place. De plus, de par mes activités de distributeur international, j’avais déjà des contacts qui me permettaient d’acheter des films hard dans de bonnes relations commerciales. En particulier avec Scala en Hollande. Je me suis jetée à l’eau. Et comme tous mes interlocuteurs m’affirmaient que le X était un marché de connaisseurs, j’ai décidé de prendre ce nom.

En France, vous êtes la seule femme à diriger une maison d’édition de films X. Est-ce que cela change quelque chose par rapport à vos collègues masculins ?

Cette absence de femmes dans ce métier m’a beaucoup surprise et je crois que cette singularité m’a servie lorsque j’ai commencé. Mes interlocuteurs m’ont davantage prise au sérieux, beaucoup plus que si j’avais été un homme. Personne ne m’a considérée comme « un label de plus ». Je pense qu’ils se sont dit, en particulier les grossistes, qu’une femme ne devait pas être dans ce secteur par goût ou même pour plaisanter mais pour travailler. Quoi qu’il en soit, j’ai été très bien acceptée et je n’ai jamais eu le moindre problème. J’ai même aujourd’hui des relations que je qualifierais de « pudiques ».

« Les connaisseurs » dispose aujourd’hui d’un catalogue de plus de soixante-dix titres et semble bien installé dans le marché. Qu’est-ce qui a permis ce succès ?

Incontestablement la […]. Fin 89, lorsque j’étudiais le marché, je me suis aperçue qu’il y avait essentiellement des produits américains disponibles. Je me suis dit que le public en avait sans doute un peu assez des produits US, que je juge personnellement trop conventionnels et pour tout dire ennuyeux, et qu’il avait envie d’un peu plus « d’excentricité » ou au moins des films de styles différents. J’ai donc acheté des films allemands et hollandais. Nous avons tout de même sorti en même temps des titres américains […] pour « assurer » le coup. L’idée était que si nous avions fait une erreur de jugement et que l’un de nos produits ne marchait pas, nos autres titres sauveraient la mise. Avoir des films américains a aussi été une façon de nous placer sur le même statut que les autres éditeurs et de prouver que ce n’était pas par obligation que nous commercialisions des produits européens mais bien par conviction. Nous avons eu la bonne surprise de constater que les cassettes […] qui représentaient un véritable challenge pour nous, ont très bien fonctionné. A tel point qu’aujourd’hui, les autres éditeurs lancent à leur tour des produits similaires… D’ailleurs, même trois ans après leur sortie, nos premiers films de cette collection continuent à très bien se vendre. L’autre facteur du succès des « Connaisseurs » est que nous avons tout de suite trouvé notre place sur le marché en visant délibérément la vente à travers les grossistes et les supermarchés. Comme tous nos films sont libres de droits de location, les vidéoclubs ont également acheté nos produits. Cela nous a permis d’aller partout et de faire connaître « Les connaisseurs ».

Quels sont aujourd’hui les objectifs poursuivis par « Les Connaisseurs » ?

Maintenant que nous possédons une certaine stabilité et que nous sommes assez connus dans ce secteur (à cet égard être nominé aux « Hot d’or » a été pour nous très significatif), notre stratégie est double. D’abord nous avons l’intention de sortir des produits non X comme des dessins animés ou des films célèbres. Sur le créneau du bard, nous avons tout d’abord appris notre métier pour constater que c’est vraiment un milieu de « connaisseurs ». Si un éditeur propose de mauvais films ou ne tient pas ses prix, cela se sait tout de suite. Il faut donc être vraiment rigoureux sous peine de sanctions immédiates. Nous voulons aujourd’hui nous positionner sur le marché de la location. C’était impossible au départ car cela demande des investissements publicitaires conséquents. Aujourd’hui, nous avons à notre disposition des produits étonnants, qui nous permettent de nous installer sur le secteur locatif. Ces produits sortent vraiment de l’ordinaire et n’existent pas encore sur le marché français. Cette opération est prévue à la rentrée, le temps de créer une équipe de commerciaux qui démarchent les vidéoclubs. Par ailleurs, « Les connaisseurs » a déjà sorti des films russes, chinois, hollandais, allemands… J’aimerais beaucoup continuer ce tour du monde des fantasmes que je trouve plutôt sympa et dépaysant.

Propos recueillis par Arnaud Duquesnoy
Hot Video n°45 (07-08/1993)

De:
Date: septembre 29, 2019

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