Porno ou Érotisme – 01/1976 – Enquête – Ciné-Revue

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Enquête … Porno ou Érotisme

Dans son numéro 003 du 15/01/1976, l’hebdomadaire Ciné-Revue interrogeait ses lecteurs sur la définition du Porno et de l’Érotisme ? Nous allons vous partager aujourd’hui l’article lançant la grande enquête et prochainement les résultats de celle-ci… Pour rappel nous sommes en 1976 moins d’un an après la légalisation de la pornographie…

Dés la publication de cet article, nous lancerons également notre propre enquête prés de 44 ans plus tard… afin de redéfinir la pornographie et l’érotisme…

Participez à notre grande enquête
PORNO OU ÉROTISME ?

Les remous causés par la décision du gouvernement français de classer « Emmanuelle, l’anti-vierge » (suite d’« Emmanuelle ») parmi les films X (ce qui signifie que le film ne pourra être projeté que dans les salles spécialisées) fait que la question est plus que jamais d’actualité.

« Emmanuelle, l’antivierge » : un film que les Français ne verront peut-être pas…

Que sest-il passé avec « Emmanuelle. l’anti-vierge » (communément appelé aussi « Emmanuelle 2 ») ? Visionné par la commission de contrôle, le film de Francis Giacobetti reçoit son autorisation de sortie avec simple interdiction aux moins de dix-huit ans. M. Michel Guy, secrétaire d’Etat à la Culture, par-dessus l’avis de la commission, le classe parmi les films X ce qui a pour conséquence de priver « Emmanuelle, l’anti-vierge » de l’aide automatique de l’Etat et de le cantonner dans le « ghetto » des salles spécialisées. En outre, le film, qui devait sortir dans un grand nombre de salles, ne pourra être soutenu par aucune publicité.

Le film litigieux est alors revu par la commission de contrôle qui confirme purement et simplement sa première opinion : selon elle, Emmanuelle 2 ne peut être considéré comme pornographique. Mais M. Michel Guy demeure sur ses positions et fait état des nouvelles dispositions en vigueur qui n’existaient pas lors de la sortie du premier Emmanuelle ». Au surplus, le secrétaire d’Etat à la Culture déclare que le classement du film dans la catégorie – X » ne posera aucun problème pour son exploitation à l’étranger étant donné qu’ « Emmanuelle 2 » est déjà presque amorti par ses ventes à l’étranger et notamment au Japon où il fait des recettes fracassantes et aux Etats-Unis où il sera distribué par la Paramount, une des plus puissantes compagnies hollywoodiennes.

Sylvia Kristel dans « Emmanuelle, l’antivierge assiste aux ébats amoureux d’un couple.
Érotisme ou pornographie ?

Comme bien l’on pense, M. Yves Rousset-Rouard, le producteur d’ « Emmanuelle, l’anti-vierge » a immédiatement réagi. Selon lui, le Centre du cinéma français avait donné son agrément aux prises de vues et il fait état, après avoir demandé à MM. Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac de visionner son film, de l’avis favorable (15 voix contre 3) de la commission de contrôle. « Il s’agit d’un retour en arrière, ajoute-t-il, qui remet en question plusieurs projets ambitieux qui doivent créer des emplois et faire rentrer des devises et cette décision ministérielle est une mesure insidieuse contre la liberté d’expression. les professionnels du cinéma ne pouvant plus se référer à des régies précises». Enfin. M. Rousset-Rouard. menace de ne pas sortir « Emmanuelle 2 » en France, le film, étant déjà vendu dans un très grand nombre de pays étrangers.

Du côté gouvernemental, on considère l’incident comme clos et l’on estime que, le film n’étant pas interdit, il ne s’agit nullement d’une atteinte à la liberté mais de la protection de la liberté des autres.

Ainsi donc, la question se pose une nouvelle fois de savoir ce qui sépare l’érotisme de la pornographie et quels sont les critères qui permettraient a la rigueur de mesurer la différence qui fait qu’un film est disons « contraire aux bonnes mœurs » .

Qu’en pensent les lecteurs de Cine-Revue ?
Afin de leur permettre de participer au débat. nous avons décidé d’ouvrir une grande enquête et de faire appel à eux qui sont en quelque sorte les représentants du grand public des cinéphiles.

Afin de bien cerner le problème, nous suggérons à nos lecteurs de nous répondre aux Questions que voici :
1. Croyez-vous que les films pornographiques doivent être condamnés aux petites salles spécialisées ?
• 2. Qu’entendez-vous par film pornographique ou par film érotique ?
• 3. Comment selon-vous les distingue-t-on ?
• 4. Considérez-vous que des films comme « Emmanuelle » et « Histoire d’O » soient pornographiques ?
• 5. « Exhibition », « Gorge profonde », « L’enfer de miss Jones », « Derrière la porte verte » ont été classés comme étant pornographiques. Pensez-vous que dans ces cas-là, il n’y ait aucune ambiguïté ?

De:
Date: octobre 19, 2019

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