
Vingt ans de cul québécois : comment Pegas Productions a imposé sa voix
En 2006, Nicola Lafleur quitte l’aménagement paysager. À 33 ans, il traverse ce qu’il a lui-même appelé une crise de la trentaine et décide de produire du porno « par et pour des Québécois ». Vingt ans plus tard, Pegas Productions est devenue la référence du contenu adulte tourné ici, en français, avec des actrices et acteurs d’ici.
Le pari de départ était simple et, à l’époque, presque naïf : montrer des corps québécois, avec l’accent, les expressions et parfois les lieux touristiques de la capitale. Les premières scènes d’extérieur dans le Vieux-Québec — terrasse Dufferin, Parlement, calèche — ont fixé le ton. Le slogan « Le Meilleur du Cul Québécois » n’était pas qu’un argument marketing. C’était une promesse de familiarité dans une industrie dominée par les studios californiens.
Les débuts ont été artisanaux. Trois DVD en 2006, un site lancé en 2007 qui dépasse le million de visites avant la fin de l’année. Lafleur met cinq ans avant de se verser un salaire. L’équipe reste petite : JS s’occupe du web dès le départ, Mickaël, vétéran de l’industrie depuis 1997, arrive en 2012. Le fondateur réalise, produit et joue parfois sous le nom de Nick Leykis.

L’entreprise grandit en s’adaptant. Quand le DVD s’effondre, Pegas bascule entièrement vers le numérique. Le réseau s’étend à une quinzaine de sites thématiques — anal, MILF, lesbiennes, trios, exhibition, castings. Les scènes passent progressivement du HD à la 4K. Les sous-titres anglais ouvrent un public international sans diluer le caractère local. En 2014, face à la pénurie d’acteurs masculins, la compagnie lance le cours Pegas 101. Plus de 1 200 candidatures. Quelques hommes seulement sont retenus après des évaluations physiques, psychologiques et des auditions.
Le studio a aussi assumé une position minoritaire dans l’industrie : le préservatif. Lafleur en a fait un marqueur, au moment où Hollywood adult discutait encore de la question.
Les 20 ans, en 2026, se célèbrent par des compilations. Pegas 20 Years – 20 Girls et Pegas 20 Years: The Lane Sisters réunissent des figures qui ont marqué les deux décennies : Samantha Ardente, Heidi Van Horny, Vandal Vyxen, les sœurs Lane, Eden Ivy. Ces titres ne sont pas seulement nostalgiques. Ils rappellent que Pegas a survécu aux changements d’algorithmes, à la piraterie et aux scandales médiatiques qui ont ponctué son histoire — licenciements d’actrices découvertes dans leur milieu de travail, projets de scènes collectives largement commentés dans les journaux québécois.
Aujourd’hui, le catalogue dépasse les 3 000 vidéos et 500 interprètes. La qualité de production a nettement progressé. Le ton reste souvent plus léger, plus « girl next door » que les majors américaines, tout en couvrant un spectre hard. C’est ce mélange — local, assumé, relativement artisanal même à grande échelle — qui explique la longévité.

Le week-end passé, Pegas sera sur le terrain. La production québécoise tient un kiosque au Salon de l’érotisme de Québec, troisième édition de l’événement, du 25 au 27 septembre 2026 au Centre de foires d’ExpoCité (2005, rue de l’Exposition, Québec). Horaires : vendredi 15 h à 23 h, samedi 13 h à 23 h, dimanche 13 h à 18 h. Entrée réservée aux 18 ans et plus.
Après vingt ans derrière la caméra, Pegas se montre. Le geste est cohérent avec le projet initial : le porno québécois n’est plus seulement à regarder en ligne. Il est aussi, pour un week-end, dans la salle.

Twenty years of Quebec porn: how Pegas Productions built its own voice
In 2006, Nicola Lafleur left landscaping. At 33, after what he later called a mid-thirties crisis, he set out to make porn “by and for Quebecers.” Twenty years later, Pegas Productions is the leading adult studio shooting in the province: local performers, French-Canadian dialogue, and a look that is unmistakably from here.
The original bet was simple, almost naive at the time: show Quebec bodies, Quebec accents, and sometimes Quebec landmarks. Early outdoor scenes in Old Quebec — Dufferin Terrace, the Parliament, a horse-drawn carriage — set the tone. The slogan “Le Meilleur du Cul Québécois” was not only marketing. It was a promise of familiarity in an industry dominated by California studios.
The start was handmade. Three DVDs in 2006. A website launched in 2007 that passed one million visits before year’s end. Lafleur waited five years before paying himself a salary. The team stayed small: JS handled the web from day one; Mickaël, an industry veteran since 1997, joined in 2012. The founder produced, directed, and sometimes performed under the name Nick Leykis.

The company grew by adapting. When DVD collapsed, Pegas went fully digital. The network expanded to about fifteen niche sites — anal, MILF, lesbian, threesomes, exhibition, castings. Scenes moved from HD to 4K. English subtitles opened an international audience without watering down the local character. In 2014, facing a shortage of male talent, the studio launched Pegas 101. More than 1,200 men applied. Only a handful made it through physical and psychological screening and sexual auditions.
Pegas also took a minority position in the industry: condoms. Lafleur made that a point of principle while much of Hollywood adult was still arguing about it.
The 20th anniversary in 2026 is marked by compilations. Pegas 20 Years – 20 Girls and Pegas 20 Years: The Lane Sisters bring together names that defined two decades: Samantha Ardente, Heidi Van Horny, Vandal Vyxen, the Lane sisters, Eden Ivy. The titles are not only nostalgic. They underline that Pegas survived algorithm shifts, piracy, and the media scandals that punctuated its history — performers fired from day jobs after being recognized, high-profile group-scene projects that made Quebec newspapers.
The catalogue now exceeds 3,000 videos and 500 performers. Production values have clearly risen. The tone often stays lighter and more “girl next door” than the American majors, while still covering hard categories. That mix — local, unapologetic, still somewhat artisanal even at scale — explains the longevity.

Last weekend, Pegas will be on the floor. The Quebec studio has a booth at the Salon de l’érotisme de Québec , the event’s third edition, September 25–27, 2026, at the Centre de foires, ExpoCité (2005 rue de l’Exposition, Quebec City). Hours: Friday 3 p.m. to 11 p.m., Saturday 1 p.m. to 11 p.m., Sunday 1 p.m. to 6 p.m. 18+ only.
After twenty years behind the camera, Pegas is showing up in person. The move fits the original idea: Quebec porn is no longer only something to stream. For one weekend, it is also in the hall.

















